Monnaie Locale Complémentaire à Québec

mouvement citoyen pour l'instauration d'une monnaie locale dans la ville de Québec

Monnaie locale; un projet citoyen ET de commerces

Depuis maintenant 3 mois, Monnaie locale complémentaire Québec est officiellement un organisme à but non lucratif où l’on peut devenir membre. Dès le départ du projet, il a toujours été pensé, comme tout projet de monnaie locale, d’impliquer les citoyens et les commerces. La mobilisation citoyenne a été le premier pas à faire afin de voir si le projet serait porteur ou pas. Avec plus de 600 personnes mobilisées au cours des différentes soirées et au vu du succès du documentaire Demain, la question ne se pose plus.

Alors que les travaux plus fastidieux comme l’écriture de la charte et des règlements généraux sont faits, nous entrons dans le travail de terrain.  Les jalons du projet sont lancés, il nous reste qu’à les porter le plus loin possible. Et ce ne sera possible qu’avec la participation des futurs membres prestataires: les commerces et organismes. Un projet de monnaie locale ne peut pas voir le jour s’il n’est pas porté par les deux groupes d’intéressés de la monnaie, les membres utilisateurs et les membres prestataires.

Nous avions dès le départ approché des commerces pour savoir si le projet serait accepté. Nous avions eu des retours positifs, mais nous nous sommes vite rendus compte que d’inclure la nécessité des commerces dès le départ ce serait une lourde tâche d’horaire que nous demanderions. Si des commerçants souhaitaient participer, ils pouvaient toujours le faire dès le départ en tant que citoyens.

C’est maintenant le moment de demander l’adhésion des commerces et organismes.

Suite aux articles dans la presse durant l’automne nous avons reçu une quarantaine de courriels de commerces se disant intéressés. L’assemblée constituante n’ayant pas encore été faite nous ne pouvions avoir d’adhérent. La chose étant faite, le moment d’avoir les idées des commerçants est venu. Le projet de monnaie locale est un projet sociétal avec des volontés d’améliorer le tissu social et l’environnement en misant sur le local.

Quel sera le graphisme des billets? À combien sera le coût d’adhésion? Quelle somme de monnaie mettrons-nous en circulation? Y’aura-t-il un taux de reconversion? Échanger des dollars contre du BLÉ permettra-t-il un pouvoir d’achat supplémentaire?

C’est une multitude de questions que nous avons à nous poser tous ensemble afin de faire avancer le projet et qu’il soit en accord avec tous.

L’adhésion à l’organisme Monnaie locale complémentaire Québec est aussi maintenant nécessaire pour aller chercher de plus en plus de partenaires. Les plus convaincus veulent déjà devenir membre, mais pour les commerçants connaissant moins le principe, il faut pouvoir faire confiance, alors si on y voit son voisin dedans…

L’adhésion à MLC-Québec permet aussi de nous aider à faire grandir le projet, que ce soit financièrement dans le futur, mais tous simplement aussi par le fait de communiquer l’information ou en utilisant un lieu physique pour promouvoir l’idée.

Nos deux premiers membres prestataires nous permettent par exemple de tenir nos réunions.

C’est le commerce Le Cercle qui fut le premier membre commerçant de MLC-Québec. Ce lieu reconnu à Québec met à disposition une de ses salles quelques fois par mois afin que nous puissions faire nos réunions. C’est une chance et une force pour nous d’avoir un partenaire qui s’implique tant dans son milieu.

C’est l’organisme PECH/Sherpa, sur le boulevard Charest qui a été notre premier membre prestataire. C’est dans leur immeuble que nous tenons nos réunions du cercle central 2 fois par mois. MLC-Québec cherchant un moyen à ce que le BLÉ ne soit pas un moyen de gentrifier un quartier, PECH pourrait nous offrir des pistes de solutions bien intéressantes!

Nous ne pourrions parler des prestataires sans faire mention de L’Accorderie de Québec qui nous a servi depuis le début du projet, depuis maintenant 1 an et demi, a tenir nos différentes soirées et réunions quand nous étions encore qu’un projet citoyen. De plus, elle est notre cousine, puis l’Accorderie est une banque de temps, une monnaie locale de liens, tandis que nous sommes une monnaie locale de biens.

D’autres organismes nous ont aussi montré leur soutien, c’est maintenant le temps de pouvoir le faire de manière officielle en devenant membre. Nous allons dans les prochaines semaines commencer à approcher les commerces et organismes, mais si vous êtes déjà convaincus et que vous souhaitez nous soutenir en devenant membre, c’est le temps :)

Écrivez-nous à    » info @ mlcquebec.org »  (enlever les espaces) ou alors laissez un commentaire sous l’article.

Conseils pour démarrer un projet de monnaie locale

Bien que nous n’ayons pas encore mis en place le BLÉ à Québec, nous travaillons pour certains maintenant depuis 1 an et demi sur le projet. Il y a de plus en plus de projets qui débutent au Québec, il est intéressant de se partager déjà quelques trucs sur lesquels nous avons travaillé. Il est aussi bon de noter qu’il existe déjà un guide de mise en oeuvre d’une monnaie locale, sur lequel nous nous basons en partie pour notre plan d’action

Différentes initiatives de monnaies locales au Québec nous ont déjà appelé MLC-Québec pour poser des questions. C’est une bonne chose, car le mouvement que nous créons doit servir à tous nous entraider. L’idéal sera d’avoir un réseau des monnaies locales au Québec afin de se partager les ressources matérielles et expériences, mais aussi parce que la réflexion est toujours plus intéressante à plusieurs.monnaie locale complémentaire des billets du monde

1 : Informer

La première chose quand on lance un appel à d’autres pour une monnaie locale, c’est de pouvoir fonder un noyau « fondateur », mais un groupe qui restera quelques mois afin d’être une structure pour les nouveaux membres, mais aussi afin de commencer le travail d’information. Car communiquer, diffuser l’information sur ce qu’est une monnaie locale complémentaire (MLC) et expliquer aux gens ce que cela peut être est le premier point qui devra se faire, même une fois la monnaie mise en place. Beaucoup de méconnaissance autour des MLC  font que ce sujet est parfois mal interprété, suscite la méfiance ou tout simplement n’intéresse pas des personnes qui une fois mises au courant pourrait être intéresser. La sortie du film Demain a permis de toucher un large public qui a fait connaître les MLC.

Une page Facebook et un site internet sont essentiels si vous voulez communiquer votre projet. La page Facebook, car elle est pour beaucoup ce qui va s’afficher sur le mur et tenir au courant, aussi, car ce réseau social est de plus en plus internet pour les gens. Elle servira également à partager l’information des autres à votre communauté. Le site internet quant à lui est votre vitrine officielle, les médias ou toute recherche sur un moteur doivent mener à lui et c’est là où vous renseigner sur ce qu’est une monnaie locale et la vision de votre groupe autour de celle-ci. Il ne faut pas oublier également que tout le monde n’a pas de Facebook il ne faut pas les oublier.

2 : Avoir des rencontres régulières

Qu’il est simple d’oublier et difficile de s’organiser des temps communs ! Le plus simple est de décider des dates fixes, nous nous voyons par exemple le 2 et 4e mardi du mois pour notre part. Est présent qui peut, mais tous nos membres savent que le cercle central se réunit à ces moments-là, que tous les membres sont les bienvenus. Est présent qui peut, mais s’il faut à chaque rencontre refaire un sondage sur les disponibilités, c’est bien compliquer tout le monde ne peut pas en même temps et ceux qui sont absents n’ont pas la parole.

Rob Hopkins, initiateur du mouvement des villes en transition explique aussi également qu’il faut avoir une régularité dans les réunions pour créer une habitude et que même si on est parfois peu c’est important de persister. Il faut laisser les choses aller et si on est que 4 à une réunion, on ne sera que 4, même si des décisions ne se prendront pas, car on peut considérer qu’il faille être plus, si on a pu parler du projet pendant 2h à 4 c’est toujours un plus !

3 : Faire des soirées publiques

Tout le monde n’a pas la réunionite aiguë et ne connait pas forcément les monnaies locales. C’est important de diversifier les rencontres publiques (hors fonctionnement interne du groupe) afin de permettre à des personnes ne connaissant pas la monnaie locale ou n’étant pas si intéressé à venir. Des conférences, des soirées qui soient annexes au sujet des monnaies locales peuvent attirer du monde à s’y intéresser. Il ne faut pas mettre de côté non plus le côté ludique, il ne faut pas toujours être trop sérieux.monnaie locale quebec

Pour l’écriture de la charte de l’utilisation de la monnaie, nous avons fait des soirées de cocréation; c’est-à-dire que c’était des soirées sous forme de réunions interactives ouvertes à tous, mais que nous avions préparé en interne. Ainsi, l’objectif de la réunion et son déroulement permettait aux gens présents d’en apprendre, mais de participer aussi aux décisions.

4 : Mettre l’accent sur l’inclusion

Un projet de monnaie locale peut se faire à 4 dans une cuisine, mais son but est tout de même d’être un projet citoyen qui inclut le plus de personnes possible. C’est une bonne chose d’organiser des soirées d’information publique pour renseigner sur ce que sont les monnaies locales et votre projet. À MLC-Québec nous avons décidé d’en mettre en place, car nous nous sommes rendu compte qu’à vouloir toujours inclure de nouvelles personnes dans nos réunions, c’était les mêmes questions qui revenaient. Alors nous tenons une séance d’information une fois par mois pour le moment qui permet de renseigner sur le sujet et le projet. Après avoir assister à une séance, la personne peut devenir membre de l’organisme et a les mêmes informations sur le projet qu’un membre plus ancien.

Il faut aussi trouver une bonne procédure d’accueil pour transmettre l’information à un nouveau membre. Avoir un cercle de parrainage peut être une piste de solution.

5 : Avoir de bons outils de communication interne

Tout le monde ne peut pas venir aux réunions et si le travail se faisait uniquement à ces moments là, les réunions seraient longues ou ça en prendrait beaucoup plus. Il est important de trouver un moyen de communiquer hors ces réunions. À MLC-Québec nous avons commencé le projet par courriel, pour s’apercevoir que beaucoup d’entre nous croulaient déjà sous les courriels et qu’il était dur de suivre. Nous sommes alors passés à un groupe Facebook, mais certains ne l’avaient pas ce qui n’est pas très inclusif. Puis nous sommes passé à Framateam, une plateforme libre et gratuite qui permet les discussions en groupe à l’intérieur d’une équipe et de définir différents canaux de discussions.

À Monnaie locale complémentaire Québec, nous mettons beaucoup d’importance sur les logiciels libre qui représente le plus nos valeurs, nous avons alors mis en place différents outils pour communiquer entre membres. Une structure est en train de se mettre en place. Cela nécessite quelques connaissances informatiques pour certains points, mais cela renforce la cohésion du groupe.

Pour le site internet nous avons un WordPress, facile d’utilisation et de mise en place.

Nous communiquons actuellement sur Framateam.org, mais entrevoyons prochainement d’installer le logiciel utilisé sur notre serveur.

L’organisme est géré avec le logiciel Dolibarr, open source et beaucoup utilisé par les MLC en France.

Pour la gestion de fichiers, nous utilisons encore maintenant Google Drive, mais nous il y a plusieurs désavantages, entre autres de fonctionner avec Google, nous sommes en train de fonctionner avec un wiki, Tikiwiki qui sera accessible à tout le monde et avec lequel nous pouvons gérer les options d’affichage et de modification selon la catégorie de membre, que vous soyez un simple visiteur du site, un membre de l’organisme ou d’un comité de travail.

Il est important que tous les membres, qu’ils soient à l’aise informatiquement ou pas puissent participer, nous essayons de faire à ce que l’utilisation de chaque outils soit facile et compréhensible. Il faut aussi se rendre compte qu’en faisant de nouveaux outils nous devons créer une nouvelle habitude et ce n’est pas le plus facile.

Monnaie locale complémentaire Québec en est encore à ses tout débuts, mais peu peu nous stabilisons notre assise et le maître mot après 1 an et demi est toujours le même : Informer et inclure. Les projets de monnaies locales nécessitent une plus grande compréhension de la part du public et se doivent de faciliter l’inclusion de toutes nouvelles personnes souhaitant participer à ce projet. C’est pourquoi la communication et la structure (d’accueil, de fonctionnement et informatique) doit être penser pour sur du long terme, mais prendre le plus de cas de figure possible.

Laurent Metais, membre MLC-Québec

Monnaie locale et démocratie, notre leitmotiv: inclusion

Parler monnaie locale, implique une idée plus large que simplement la question économique. Il serait faux de se dire qu’une fois que le BLÉ sera en circulation à Québec, nous pourrons nous dire que l’objectif est atteint. L’argent local à Québec, comme dans la plupart des projets de monnaies locales dans le monde, est un projet se servant de l’argent comme d’un outil pour aller plus loin dans le fonctionnement collectif.

Une initiative comme celle-ci est également une expérience de réappropriation du fonctionnement de groupe, de la prise de décision collective. Il est rare maintenant que les décisions publiques émanent d’un accord citoyen, le tout est décidé dans des bureaux ou par des personnes isolés, la concertation s’est perdue. C’est pour cette raison que Monnaie locale complémentaire Québec, organisme ayant pour but de mettre en place une monnaie locale à Québec, est dans une démarche d’inclusion de toute personne qui voudrait participer à ce projet.

Un mode de fonctionnement basé sur la confiance, le volontariat et le partage.

Nos règlements généraux et notre fonctionnement interne font que chacun peut s’investir là où il le souhaite, selon son champ d’intérêt. La compétence ne doit pas primer, elle est importante pour l’accomplissement d’un objectif, mais il faut aussi valoriser l’expérience d’apprentissage et de prise de décision afin que cela puisse nous servir dans nos autres actions quotidiennes.

On peut cependant se rendre compte que plus de démocratie peut aussi impliquer plus de lenteur dans la prise de décision, tout du moins dans la mise en place de celles-ci. Dans les différentes séances d’information que nous avons faites, nous sommes souvent confrontés face à un désir, tout à fait normal, d’avancer rapidement pour que le monde change demain. Ça serait possible, on peut construire un projet comme la monnaie locale à 4 dans un coin et le proposer tout fait au reste de la population, mais serions-nous légitimes à ce moment-là? Ce serait facile de faire des réunions longues et fastidieuses dans un coin en utilisant dans des mots compliqués, mais y gagnerions-nous quelque chose?

Depuis le début du projet, nous visons à mettre en place une monnaie locale, mais aussi à intégrer le plus de citoyens dans la démarche. Maintenant que nous sommes un organisme, nous invitons également les commerçants à venir participer avec nous.

C’est notre objectif et c’est pourtant ce qui déroute le plus.

Prendre des décisions de manière collective n’est pas toujours dans nos habitudes. La plupart des réunions que nous avons au travail, en famille ou entre amis, ce n’est jamais d’avoir l’avis forcément de tous, il y a ceux qui parlent, qui dirigent, mais ceux qui se taisent ne sont pas souvent invités à s’exprimer.

Au cours des différentes soirées, nous nous sommes aussi rendu compte qu’il va falloir que nous adoptions notre langage pour les différents milieux où nous irons. Nous n’avons pas tous le même bagage culturel que ce soit pour le fonctionner ensemble, mais aussi pour la compréhension de la chose économique.

Le mode de fonctionnement collectif demandant à chacun de s’exprimer, où chacun peut proposer et où tout doit être discuté. Qu’il n’y ai pas un groupe qui a une mainmise sur tout, mais que chaque groupe d’activité soit maitre de ses décisions qui influent son secteur.

Faire confiance à l’intelligence collective

Lors dans la soirée sur le nom de la monnaie, il a été intéressant de voir que sur la quarantaine de personnes présentes et les 4 tables de discussions créées les points majeurs ressortaient sur chaque table, mais qu’aussi chacune avait nommé des spécificités que nous n’avions pas encore pensé. Juste un point intéressant était qu’il avait été nommé que les billets devaient être reconnaissable par les aveugles, ce devait être facile pour eux de faire la différence entre les diverses coupures.

Le projet de monnaie locale complémentaire à Québec est une initiative veut croire en la capacité à un groupe de penser au bien commun, de s’inscrire dans une volonté de progressions sociétale.

Laurent Metais

Pourquoi utiliser le BLÉ plutôt qu’une carte de crédit?

Actuellement en choisissant d’accepter une carte de crédit ou une carte débit, le commerçant doit payer un montant forfaitaire ou un pourcentage, selon, sur chaque transaction effectuée. C’est autant un manque à gagner pour lui qu’un montant d’argent direct qui sort de la communauté.

Il ne faut jamais perdre de vue que l’argent, n’est avant tout qu’une manière d’échanger des biens et services, c’est un outil permettant d’évaluer la valeur des choses, tout du moins la valeur qu’on leur donne. Dans  notre système la valeur économique que nous donnons aux choses est aussi un indicateur sur l’importance qu’elles peuvent avoir. Ne pas les choisir, c’est aussi une preuve de nos valeurs.

Le BLÉ (Billet Local d’Échange) sera une monnaie utilisée par un réseau de citoyens et de commerçants ayant des valeurs communes que nous souhaitons défendre. Que ce soit d’un point de vue environnemental, social, économique ou démocratique; l’utilisation de cette monnaie sera là pour remettre le tout à une échelle plus humaine, pour qu’écologie et savoir-faire puissent retrouver une raison.

C’est pourquoi utiliser le BLÉ dans les commerces plutôt que la traditionnelle carte de crédit ou même de débit nous semble être un futur acte citoyen.

Ce n’est pas si rare actuellement, dans nos quartiers, de croiser de gens qui n’utilisent pas les cartes pour ces raisons, car ils préfèrent encourager le commerce local en ne leur imposant pas de taxes à la commercialisation. Le BLÉ pourra agir de la même manière tout en étant une plus-value pour la communauté, car l’argent généré et restant dans le réseau pourra être réutilisé directement dans des initiatives locales et communautaires. Certains dans le groupe allant même jusqu’à proposer que l’argent puisse être utilisé comme un revenu de base pour des familles défavorisées.

Utiliser l’argent comptant directement est aussi une manière que l’on se donne de se rendre compte ce que l’on dépense. Il est facile de manière électronique de ne pas voir les différentes sommes passer et additionner. L’utilisation d’un billet papier a aussi été un ralliement des personnes venues aux rencontres, car c’est aussi une manière d’interpeller des citoyens ou commerçants ne connaissant pas le BLÉ de le voir papier et de demander ce que c’est.

Choisir de ne pas utiliser les cartes de crédit bancaire qui impose des montants supplémentaires aux commerçants pour que l’argent reste dans le réseau local est aussi une manière de choisir de ne pas financer  l’évasion fiscale ou d’autres choix non éthique qui nuiraient à l’environnement ou à la justice.

Le crédit, même s’il pourra être défendu pour acquérir des choses sur du long terme, est maintenant trop utilisé pour les biens de consommations quotidiens. Un levier de pression que ne voyons pas tel que cela, qu’il faut réutiliser pour encourager le local.

Laurent Metais

MLC-Québec à MAtv

Mercredi 5 décembre Monnaie locale complémentaire Québec a fait son premier passage télévision à MATv. Un premier passage où Laurent Metais explique les bases du projet de monnaie locale à Québec. Le passage commence à partir de 22:20 et c’est ensuite une entrevue de 5mn.

 

Un an après, retour sur le processus de MLQuébec

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que le projet d’une monnaie locale à Québec est né, un peu plus d’un an de réunions, un peu plus d’un an à expliquer ce que peut être une monnaie locale. Où en sommes-nous? Quel est le processus adopté et comment fonctionnons-nous?

C’est le 28 septembre 2015 que s’organisa la première rencontre pour parler de monnaie locale. Le sujet était peu connu encore, le film Demain n’avait pas encore parlé du sujet à Québec, il fallait d’abord l’expliquer.  Pourquoi une monnaie locale? À quoi ça sert? Qui en voudra?

Informer

L’idée première était et est toujours: informer sur ce qu’est une monnaie locale. La deuxième étant de réunir les citoyens en premier lieu et les prestataires une fois le projet plus concret. Partir de zéro, d’une idée, d’un projet et réunir des gens pour qu’ils créent quelque chose ensemble, c’est aussi cela le but de Monnaie locale complémentaire Québec.

La première réunion était au mois de septembre et c’est au mois de janvier que nous avons existé publiquement en faisant le site web et la page Facebook, nous voulions maintenant avoir quiconque était intéressé à participer, nous savions déjà un peu que la monnaie locale ne serait pas des grains de sel, mais pas beaucoup plus. C’est juste que pour réfléchir à un intérêt collectif, il faut être collectif et plus on est, mieux ça fonctionne.

Conférence

mlcquebecUne première soirée a été organisée au mois de février au Tam Tam café, une conférence de Philippe Derudder, une personne ayant parti plusieurs monnaies en France et travaillant depuis 2 ans dans les Laurentides pour en faire partir une. Un succès que nous n’avions escompté, un peu plus d’une centaine de personnes présentes. Cette conférence expliquait surtout ce qu’était une monnaie locale et son fonctionnement, c’est aussi pourquoi une grande partie de la soirée fut pour les questions également.

Cocréation et charte

charte monnaie locale quebecÀ partir de là nous avons commencé à faire différentes soirées toujours dans une perspective d’informer et de communiquer sur la monnaie locale, c’est un sujet qui est peu commun pour le moment en Amérique du Nord et nous avons besoin de renseigner sur le sujet. Suite à la conférence du mois de février, nous avons fait notre première soirée de cocréation. Une soirée de cocréation est une soirée de travail collaboratif sur une thématique. Nous essayons de prendre en compte le fait que ce n’est pas tout le monde qui peut assister à plein de réunions, alors nous souhaitons faire des séances de travail qui auront été préparées en amont pour nous puissions collectivement travailler. La première que nous avons faite au mois de mars s’est continuée par deux autres au courant du printemps et a abouti à la création de notre charte d’utilisation de la monnaie. La première soirée ayant servie à savoir qu’elle serait les thèmes que nous aimerions traité, la deuxième ce que nous aimerions voir à l’intérieur de ces thèmes, puis la dernière en travaillant sur une ébauche de charte.

Ateliers de discussions

Au printemps, nous avons également débuté des ateliers de discussions sur des thématiques précises, qui ne touchaient par forcément directement la monnaie locale, mais qui par le banc pouvait y amener. La première fut avec Martin Zibeau sur le Demi en Gaspésie, cette monnaie où l’on utilise des dollars coupés en deux. Une discussion intéressante sur la valeur que l’on donne aux choses. La deuxième séance fut sur le modèle coopératif avec Myriam Michaud; nous étions dans le processus de créer une entité pour MLC-Québec et nous souhaitions être une coopérative pour le modèle que cela représente, l’organisme appartient à ses membres. C’est suite à cette discussion où nous avons été une trentaine, que nous avons décidé d’être un OBNL pour l’avantage de structure que cela représente, nous pouvions même écrire les règlements généraux afin d’être plus intégrateurs si nous souhaitions (et nous l’avons fait). Il faut voir aussi qu’une coopérative doit vendre quelque chose, un service ou un produit, c’est une entreprise, nous n’avions ni l’un ni l’autre.

Séances d’information

C’est également au printemps que nous avons commencé à faire des séances d’information afin de renseigner à qui le voulait, ce qu’était une monnaie locale, où en était le projet à Québec et inviter à participer. À vouloir être intégrateur, cela peut parfois provoquer la stagnation, nous nous sommes vite aperçus qu’à vouloir trop vite intégrer de nouvelles personnes, nous répétions souvent les mêmes points. Donc en faisant une réunion d’information afin d’intégrer le groupe, nous nous assurons que tout le monde entre avec toutes les informations disponibles dès le départ. Nous en faisons actuellement une par mois, une quinzaine de personnes sont présentes à chaque fois.

Constitution d’un OBNL

C’est officiellement le 11 août 2016 qu’est né l’organisme à but non lucratif: Monnaie locale complémentaire Québec. Sa mission sera de mettre en place une monnaie locale dans la ville de Québec et sa région, mais aussi de faire de l’éducation populaire sur l’échange, la monnaie, et d’encourager les initiatives locales ayant les mêmes valeurs. Nous avons travaillé durant l’été afin d’écrire les objets que nous avons déposés au registraire des entreprises, nous les avons calqués sur la charte que nous écrivions.

Le 8 novembre 2016, ce fut l’assemblée constituante de l’organisme, nous avons pu élire un premier conseil d’administration, mais aussi entériner les règlements généraux que nous écrivions depuis le mois de septembre. Nous pouvons dorénavant officiellement accueillir de nouveaux membres, que ce soit des citoyens ou des prestataires. C’est important pour nous d’avoir du monde, car la construction d’un projet social comme celui-ci ne peut se faire à quelques-uns dans un coin qui soumettront le projet à la collectivité, il faut que celui-ci soit porté par la collectivité pour elle-même, sinon cela n’a pas de sens.

La monnaie s’appellera le BLÉ

monnaie locale quebecAprès un appel à tous sur internet et une soirée au Tam Tam café, nous avons eu une quarantaine de noms proposés pour n’en sélectionner que 5 au terme de la soirée. Suite à celle-ci nous avons fait un vote sur internet durant un mois pour sélectionner le nom de la monnaie locale. Avec environ 500 votes, la monnaie locale de Québec s’appellera le BLÉ: Le Billet Local d’Échange.

Le travail qui nous attend

Nous en sommes encore à l’étape du début: informer et renseigner sur ce qu’est la monnaie locale. C’est un point important afin de fédérer un maximum de personnes et d’entreprises à participer à ce projet collectif. À côté de cela, étant maintenant un organisme officiel, nous avons maintenant la possibilité d’avoir des membres; le but est d’avoir un maximum de membres qui pourront travailler ensemble à construire le projet.

may-13Après les valeurs et les règlements légaux, c’est maintenant dans le technique de la monnaie et le concret de l’organisation que nous avons à travailler.  C’est encore plusieurs mois avant de voir le premier BLÉ imprimé, mais c’est beaucoup d’apprentissage et de moments collectifs en perspective. Une monnaie locale n’est pas seulement un projet économique, c’est également une construction démocratique. Une réappropriation citoyenne d’un outil, d’une manière de fonctionner ensemble. C’est une démarche qui se veut lente, mais qui a cette vitesse nécessaire pour inclure le maximum de monde et comprendre chaque pas que nous faisons.

Laurent Metais, membre de Monnaie locale complémentaire Québec

Une assemblée constituante et un nom pour la monnaie de Québec: Le BLÉ

monnaie locale quebec

C’est au cours de l’assemblée constituante de Monnaie locale complémentaire Québec que le vote du nom de la monnaie que nous utiliserons est tombé; nous utiliserons bientôt le BLÉ, le Billet Local d’Échange!

Un acronyme qui en dit beaucoup! Le blé c’est le signe des savoirs-faires premiers, base de l’alimentation ou tout simplement par son acronyme d’un apport au local. Un billet d’échange local c’est un billet que nous utiliserons pour favoriser nos idéaux par notre de consommation qui sera synonyme par son nom.

Une assemblée constituante c’est le moment où un organisme entérine les règlements généraux qui seront son « code de conduite ». Nous l’avons fait, nous avons entériné notre code de conduite, avec autant de spécificités que possible afin de correspondre à l’idéal démocratique, participatif et non hiérarchique que possible.

Nous avons un conseil d’administration, bien sûr, comme le veut la loi, c’est ce conseil qui est responsable légalement de la marche de l’organisme. Des places pour les citoyens, comme pour les prestataires sont réservées, notre organisme à une volonté de rejoindre tous les acteurs de l’économie qui correspondent à nos valeurs dans la ville de Québec et sa région.

En plus de celui-ci, nous avons également un comité éthique élu par l’assemblée générale par tirage au sort des membres présents. Sa charge sera d’être le garant des valeurs de l’organisme et du respect de la charte d’utilisation de la monnaie. C’est une spécificité inspirée par le Mouvement du revenue de base en France, qui fonctionne également par sociocratie, une recherche d’avoir plusieurs piliers émanent de l’assemblée pour être garant du fonctionnement de l’organisme.

Sans oublier bien sûr les différents comités que nous mettrons en place et qui fonctionneront selon le modèle inspiré de la sociocratie ou holacratie afin d’être un organisme inclusif et non hiérarchique. Le conseil d’administration et le comité d’éthique sont des places importantes, mais nous devons réussir à inclure les membres qui voudront participer et façonner notre structure de manière à que notre mode de fonctionnement puisse permette de prendre les décisions de manière horizontale et non hiérarchique.

Un nouvel organisme est né et est maintenant officiellement créé,  longue vie à lui!

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Laurent Metais

Entrevue au FM93

Monnaie locale complémentaire Québec état au FM93 ce lundi, une entrevue de 10mn et 20mn d’opinions des auditeurs. Cela nous permet aussi d’en apprendre plus sur le chemin qui nous reste à parcourir.

Écoutez le passage en ligne.

Entrevue de MLC-Québec à CKRL

ckrl monnaie locale
Ce lundi 31 octobre 2016, MLC-Québec s’est fait interviewé par l’émission On refait la une animé par Dominique Lelièvre. Laurent a eu l’occasion de parler pendant un quart d’heure de l’organisme de monnaie locale ainsi que sur ce qu’est une monnaie locale.

Ecouté l’enregistrement de l’émission:

MLC-Québec en entrevue à CBC (anglais)

cbc monnaie locale quebec
Nous étions en entrevue à CBC ce jeudi 27 octobre à 16h50 à l’émission Breakaway. Luc et Pierre-Alexandre nous ont fièrement représentés pour cette première entrevue en anglais. Un bon moyen de partager l’information à nos amis parlant la langue de Shakespeare. Une première approche et une explication de la raison pourquoi nous faisons ce projet. Un 10 minutes à écouter :)

 

Écoutez l’interview directement sur le site via le player:

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