Bien que nous n’ayons pas encore mis en place le BLÉ à Québec, nous travaillons pour certains maintenant depuis 1 an et demi sur le projet. Il y a de plus en plus de projets qui débutent au Québec, il est intéressant de se partager déjà quelques trucs sur lesquels nous avons travaillé. Il est aussi bon de noter qu’il existe déjà un guide de mise en oeuvre d’une monnaie locale, sur lequel nous nous basons en partie pour notre plan d’action

Différentes initiatives de monnaies locales au Québec nous ont déjà appelé MLC-Québec pour poser des questions. C’est une bonne chose, car le mouvement que nous créons doit servir à tous nous entraider. L’idéal sera d’avoir un réseau des monnaies locales au Québec afin de se partager les ressources matérielles et expériences, mais aussi parce que la réflexion est toujours plus intéressante à plusieurs.monnaie locale complémentaire des billets du monde

1 : Informer

La première chose quand on lance un appel à d’autres pour une monnaie locale, c’est de pouvoir fonder un noyau « fondateur », mais un groupe qui restera quelques mois afin d’être une structure pour les nouveaux membres, mais aussi afin de commencer le travail d’information. Car communiquer, diffuser l’information sur ce qu’est une monnaie locale complémentaire (MLC) et expliquer aux gens ce que cela peut être est le premier point qui devra se faire, même une fois la monnaie mise en place. Beaucoup de méconnaissance autour des MLC  font que ce sujet est parfois mal interprété, suscite la méfiance ou tout simplement n’intéresse pas des personnes qui une fois mises au courant pourrait être intéresser. La sortie du film Demain a permis de toucher un large public qui a fait connaître les MLC.

Une page Facebook et un site internet sont essentiels si vous voulez communiquer votre projet. La page Facebook, car elle est pour beaucoup ce qui va s’afficher sur le mur et tenir au courant, aussi, car ce réseau social est de plus en plus internet pour les gens. Elle servira également à partager l’information des autres à votre communauté. Le site internet quant à lui est votre vitrine officielle, les médias ou toute recherche sur un moteur doivent mener à lui et c’est là où vous renseigner sur ce qu’est une monnaie locale et la vision de votre groupe autour de celle-ci. Il ne faut pas oublier également que tout le monde n’a pas de Facebook il ne faut pas les oublier.

2 : Avoir des rencontres régulières

Qu’il est simple d’oublier et difficile de s’organiser des temps communs ! Le plus simple est de décider des dates fixes, nous nous voyons par exemple le 2 et 4e mardi du mois pour notre part. Est présent qui peut, mais tous nos membres savent que le cercle central se réunit à ces moments-là, que tous les membres sont les bienvenus. Est présent qui peut, mais s’il faut à chaque rencontre refaire un sondage sur les disponibilités, c’est bien compliquer tout le monde ne peut pas en même temps et ceux qui sont absents n’ont pas la parole.

Rob Hopkins, initiateur du mouvement des villes en transition explique aussi également qu’il faut avoir une régularité dans les réunions pour créer une habitude et que même si on est parfois peu c’est important de persister. Il faut laisser les choses aller et si on est que 4 à une réunion, on ne sera que 4, même si des décisions ne se prendront pas, car on peut considérer qu’il faille être plus, si on a pu parler du projet pendant 2h à 4 c’est toujours un plus !

3 : Faire des soirées publiques

Tout le monde n’a pas la réunionite aiguë et ne connait pas forcément les monnaies locales. C’est important de diversifier les rencontres publiques (hors fonctionnement interne du groupe) afin de permettre à des personnes ne connaissant pas la monnaie locale ou n’étant pas si intéressé à venir. Des conférences, des soirées qui soient annexes au sujet des monnaies locales peuvent attirer du monde à s’y intéresser. Il ne faut pas mettre de côté non plus le côté ludique, il ne faut pas toujours être trop sérieux.monnaie locale quebec

Pour l’écriture de la charte de l’utilisation de la monnaie, nous avons fait des soirées de cocréation; c’est-à-dire que c’était des soirées sous forme de réunions interactives ouvertes à tous, mais que nous avions préparé en interne. Ainsi, l’objectif de la réunion et son déroulement permettait aux gens présents d’en apprendre, mais de participer aussi aux décisions.

4 : Mettre l’accent sur l’inclusion

Un projet de monnaie locale peut se faire à 4 dans une cuisine, mais son but est tout de même d’être un projet citoyen qui inclut le plus de personnes possible. C’est une bonne chose d’organiser des soirées d’information publique pour renseigner sur ce que sont les monnaies locales et votre projet. À MLC-Québec nous avons décidé d’en mettre en place, car nous nous sommes rendu compte qu’à vouloir toujours inclure de nouvelles personnes dans nos réunions, c’était les mêmes questions qui revenaient. Alors nous tenons une séance d’information une fois par mois pour le moment qui permet de renseigner sur le sujet et le projet. Après avoir assister à une séance, la personne peut devenir membre de l’organisme et a les mêmes informations sur le projet qu’un membre plus ancien.

Il faut aussi trouver une bonne procédure d’accueil pour transmettre l’information à un nouveau membre. Avoir un cercle de parrainage peut être une piste de solution.

5 : Avoir de bons outils de communication interne

Tout le monde ne peut pas venir aux réunions et si le travail se faisait uniquement à ces moments là, les réunions seraient longues ou ça en prendrait beaucoup plus. Il est important de trouver un moyen de communiquer hors ces réunions. À MLC-Québec nous avons commencé le projet par courriel, pour s’apercevoir que beaucoup d’entre nous croulaient déjà sous les courriels et qu’il était dur de suivre. Nous sommes alors passés à un groupe Facebook, mais certains ne l’avaient pas ce qui n’est pas très inclusif. Puis nous sommes passé à Framateam, une plateforme libre et gratuite qui permet les discussions en groupe à l’intérieur d’une équipe et de définir différents canaux de discussions.

À Monnaie locale complémentaire Québec, nous mettons beaucoup d’importance sur les logiciels libre qui représente le plus nos valeurs, nous avons alors mis en place différents outils pour communiquer entre membres. Une structure est en train de se mettre en place. Cela nécessite quelques connaissances informatiques pour certains points, mais cela renforce la cohésion du groupe.

Pour le site internet nous avons un WordPress, facile d’utilisation et de mise en place.

Nous communiquons actuellement sur Framateam.org, mais entrevoyons prochainement d’installer le logiciel utilisé sur notre serveur.

L’organisme est géré avec le logiciel Dolibarr, open source et beaucoup utilisé par les MLC en France.

Pour la gestion de fichiers, nous utilisons encore maintenant Google Drive, mais nous il y a plusieurs désavantages, entre autres de fonctionner avec Google, nous sommes en train de fonctionner avec un wiki, Tikiwiki qui sera accessible à tout le monde et avec lequel nous pouvons gérer les options d’affichage et de modification selon la catégorie de membre, que vous soyez un simple visiteur du site, un membre de l’organisme ou d’un comité de travail.

Il est important que tous les membres, qu’ils soient à l’aise informatiquement ou pas puissent participer, nous essayons de faire à ce que l’utilisation de chaque outils soit facile et compréhensible. Il faut aussi se rendre compte qu’en faisant de nouveaux outils nous devons créer une nouvelle habitude et ce n’est pas le plus facile.

Monnaie locale complémentaire Québec en est encore à ses tout débuts, mais peu peu nous stabilisons notre assise et le maître mot après 1 an et demi est toujours le même : Informer et inclure. Les projets de monnaies locales nécessitent une plus grande compréhension de la part du public et se doivent de faciliter l’inclusion de toutes nouvelles personnes souhaitant participer à ce projet. C’est pourquoi la communication et la structure (d’accueil, de fonctionnement et informatique) doit être penser pour sur du long terme, mais prendre le plus de cas de figure possible.

Laurent Metais, membre MLC-Québec