Dans toute initiative citoyenne ou mouvement populaire, il arrive toujours le moment où l’on se demande comment nous allons nous organiser. Les différentes monnaies locales à travers le monde n’échappent pas à cette question; MLC-Québec a choisi de fonctionner selon le modèle sociocratique, fonctionner par le consentement et les cercles d’activités.

Source: http://www.respects.fr

La construction d’une monnaie locale n’est pas une fin en soi, on ne le répètera jamais assez, mais c’est avant tout un outil de transformation sociale. Poser la question de l’échange au quotidien est un des moyens pour pouvoir changer les choses. Une des premières étapes afin d’obtenir un tel changement, c’est de recentrer le citoyen au cœur du processus démocratique.  En 1835 déjà, dans De la démocratique en Amérique,  Alexis de Tocqueville disait (en le paraphrasant) : « le problème de la démocratie représentative, c’est que le citoyen en élisant un député laisse son pouvoir décisionnel et d’intérêt à la chose publique ». Nous sommes encore dans cette logique-là.

C’est pour cela qu’il est important que les futurs utilisateurs de la monnaie locale soient aussi ceux qui prennent les décisions pour sa construction.  

La sociocratie est un fonctionnement démocratique qui se base sur le consentement; Cohabitat Québec s’est construit sous cette forme et l’organisme Craque-Bitume fonctionne sur une formule similaire (bien qu’ils ne s’en réclament pas).

Lorsqu’on parle de fonctionnement par le consentement, c’est que les décisions doivent être prises de manière unanime, les décisions ne sont pas prises par des votes majoritaires ou une minorité sera lésée. Si une personne n’est pas d’accord avec un point, elle se doit de l’exprimer et d’expliquer pourquoi; par la suite il faudra voir comment mettre à bas les oppositions qu’elle peut avoir. Si jamais la personne n’est toujours pas en accord, il faut analyser, pour la continuité du projet, s’il est possible d’avancer et de par la suite, au moment où le point en question gênait, de revenir sur son point.

sociocratie quebec

Source: colibris06.org

C’est un processus plus lent, c’est certain, mais c’est peut-être la vitesse de notre système qui produit ce désintérêt et des décisions à l’encontre du bien commun. Bien qu’utilisé dans beaucoup de mouvement alternatif, c’est un système qui est venu d’une entreprise privée Néerlandaise dans les années 70. Gérard Edenburg avait repris l’usine de son père et avait été sidéré des conflits internes, il avait alors décidé de moins mettre l’accent sur le développement économique et d’améliorer l’organisation, ce qui a eu comme conséquence un meilleur fonctionnement de son entreprise.

Le mouvement des villes en transition met aussi ce mode de gouvernance en avant. La sociocratie va fonctionner normalement selon 4 principes qui peuvent être adoptés ou non par les organisations l’adoptant, ce peut aussi être un cheminement sur le long terme.

Un autre avantage qui revient sur la problématique du début, c’est que tous les rôles sont tournants, ce qui fait qu’il n’y a pas de personne qui prendra plus de place à cause de son rôle, tous le monde pourra (s’il le souhaite) occuper une responsabilité pour le fonctionnement du groupe.