Monnaie Locale Complémentaire à Québec

Mouvement citoyen créateur d'une monnaie locale dans la ville de Québec

Catégorie : Mlc-Québec (page 1 of 4)

Comité d’Éthique

Lors de la dernière AGA, nous avons élu le nouveau comité d’éthique du BLÉ, mais qu’est-ce que c’est exactement? Voici ce qui est inscrit dans nos règlements généraux:

Lors de l’Assemblée générale annuelle, cinq (5) membres sont appelés, par tirage au sort, à former le Comité d’éthique. Leur mandat est de deux (2) ans. Afin d’établir un suivi dans les travaux du Comité, deux sont choisis lors des années paires, et trois, lors des années impaires. Les membres ainsi désignés sont libres d’accepter ou de refuser; le tirage se poursuit jusqu’à ce que le nombre de membres requis aient accepté.

 

Son rôle est de veiller au respect de la bonne application de la Charte de la monnaie, de la mission de MLC Québec et de son mode de fonctionnement participatif. Il agit soit à titre consultatif auprès des membres et des administrateurs, soit de sa propre initiative. Il fait rapport aux membres au moins une fois par an, lors de l’Assemblée générale annuelle, et à tout moment qu’il juge opportun au CA ou à la demande de celui-ci. Quand elles lui sont adressées, le CA doit répondre officiellement aux recommandations du Comité d’éthique.

Ianis, Étienne, Laurent, Luc et Maxence

Ce comité n’a jamais été très actif, pour la simple raison que la monnaie n’était pas encore en place. Maintenant que le BLÉ circule, le fonctionnement de ce comité peut prendre son sens. La série de 3 matinées que nous organisons jusqu’en automne et qui se terminera par l’Assemblée d’Orientation sera une des pistes de réflexions de ce comité.

Choix du logo du BLÉ

Après une journée de réflexion sur le BLÉ, ces 3 logos ont été choisis comme finalistes pour le logo du BLÉ. Monnaie locale complémentaire Québec est un organisme citoyen qui mise sur l’inclusion et la participation. Nous vous proposons de voter pour le choix final du logo. Le vote durera une semaine et se termine dimanche 16 juin à 19h.

Ce logo doit être simple et d’exprimer une unité monétaire tout en rappelant le nom, le BLÉ, le Billet Local d’Échange.

Il suffit d’aller sur ce lien pour voter via le Google Form

Matinée de réflexion 1/3

Samedi 8 juin de 9h à 13h au Tam Tam Café, 421 boul. Langelier, Québec

Le BLÉ; la monnaie locale de Québec fêtera ses 1 an de circulation. Ce sont quelques milliers de dollars qui s’échangent dans plus d’une cinquantaine de commerce, il est maintenant temps de réfléchir à l’étape d’après. Cela fait plusieurs années que le projet existe, il est maintenant concret; quelle direction souhaitons nous prendre; QUE VOULONS NOUS QUE LE BLÉ AIT RÉALISÉ D’ICI 10 ANS?

Venez débuter la fin de semaine avec nous afin de réfléchir la monnaie locale de Québec. Activité de réflexion, mais aussi moment ludique, d’inclusion et de rencontre.

Plusieurs petits ateliers seront au programme afin de réfléchir les besoins d’implication, les outils numériques et le design du BLÉ avec comme objectif le BLÉ dans 10 ans.

Cette matinée est la première d’une série de 3 activités de réflexion autour de la monnaie. Les autres auront lieu en septembre et octobre, nous souhaitons qu’à la suite de ces 3 activités, nous puissions arriver avec des propositions concrètes pour la prochaine assemblée générale d’orientation de l’automne.

Voir et partager l’évènement Facebook

Assemblée générale annuelle

Nous profiterons du Printemps des alternatives 2019 et de la conférence que nous donnons pour enchaîner avec l’AGA 2019. Moment important dans un organisme, ce sera aussi l’occasion de se tenir au courant des avancées du BLÉ dans la région de la Capitale-Nationale.

Le moment d’invité unE amiE pour lui faire connaître, pour échanger des BLÉs ou bien même pour devenir membre de l’organisme et prendre part
à sa vie démocratique.

Voici l’évènement Facebook esi vous souhaitez partager l’information.

Voir l’ordre du jour et la convocation pour l’assemblée.

Conférence de Philippe Derruder

Les monnaies locales complémentaires: gadget ou outil de transformation de la société?

Samedi 27 avril à 13h au Centre Monseigneur Marcoux venez assister à une conférence de Philippe Derudder, spécialiste et cofondateur du mouvement des monnaies locales complémentaires citoyennes en France.


La monnaie est au cœur des crises auxquels nous sommes confrontés. Alors que ce siècle s’ouvre sur des défis humains et écologiques majeurs qui nécessiteraient des moyens considérables pour être relevés, l’humanité se trouve paralysée dans ses dettes conduisant à des politiques d’austérité

– Y-a-t-il des alternatives?

– Comment Les monnaie locales complémentaires peuvent jeter les bases d’un monde réconcilié et durable?

Philippe Derudder : Chef d’entreprise “interpellé” par les contradictions du système… Il quitte le monde des affaires en 1992. Il partage depuis le fruit de ses recherches et expériences dans ses livres, conférences et ateliers. Auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages. Co initiateur du mouvement des monnaies ,locales complémentaires citoyennes en France

”Prends ton BLÉ”, une opportunité de faire grandir le réseau

Viens prendre ton BLÉ! 10 juin de 13h à 16h au Griendel

Plusieurs d’entre vous nous l’ont demandé, alors l’instant d’un après-midi et pour la première fois, des BLÉ (Billet local d’échange) seront disponibles pour les échanger contre vos dollars!

En plus ce sera l’occasion de profiter de l’excellente bière du Griendel.

Dès maintenant, vous pourrez utiliser vos BLÉ chez au moins 5 commerçants, mais surtout vous pourrez essayer d’en convaincre de nouveaux de les accepter chez eux.

Une belle manière de contribuer concrètement au projet et à notre communauté.

Les commerces pionniers qui accepteront les BLÉ dès le 10 juin sont :

Accommodation Bio
Courant Alternatif, Coopérative de travail
Brûler Retenir – Pierre Barrellon Photographe
Umanovo
et
Craque-Bitume (à partir de la mi-juin, nous en ferons l’annonce)

Félicitations à elles et eux! La liste pourrait s’allonger d’ici le 10.

Lien de l’évènement FB : https://www.facebook.com/events/203839010428910/

Monnaie locale; un projet citoyen ET de commerces

Depuis maintenant 3 mois, Monnaie locale complémentaire Québec est officiellement un organisme à but non lucratif où l’on peut devenir membre. Dès le départ du projet, il a toujours été pensé, comme tout projet de monnaie locale, d’impliquer les citoyens et les commerces. La mobilisation citoyenne a été le premier pas à faire afin de voir si le projet serait porteur ou pas. Avec plus de 600 personnes mobilisées au cours des différentes soirées et au vu du succès du documentaire Demain, la question ne se pose plus.

Alors que les travaux plus fastidieux comme l’écriture de la charte et des règlements généraux sont faits, nous entrons dans le travail de terrain.  Les jalons du projet sont lancés, il nous reste qu’à les porter le plus loin possible. Et ce ne sera possible qu’avec la participation des futurs membres prestataires: les commerces et organismes. Un projet de monnaie locale ne peut pas voir le jour s’il n’est pas porté par les deux groupes d’intéressés de la monnaie, les membres utilisateurs et les membres prestataires.

Nous avions dès le départ approché des commerces pour savoir si le projet serait accepté. Nous avions eu des retours positifs, mais nous nous sommes vite rendus compte que d’inclure la nécessité des commerces dès le départ ce serait une lourde tâche d’horaire que nous demanderions. Si des commerçants souhaitaient participer, ils pouvaient toujours le faire dès le départ en tant que citoyens.

C’est maintenant le moment de demander l’adhésion des commerces et organismes.

Suite aux articles dans la presse durant l’automne nous avons reçu une quarantaine de courriels de commerces se disant intéressés. L’assemblée constituante n’ayant pas encore été faite nous ne pouvions avoir d’adhérent. La chose étant faite, le moment d’avoir les idées des commerçants est venu. Le projet de monnaie locale est un projet sociétal avec des volontés d’améliorer le tissu social et l’environnement en misant sur le local.

Quel sera le graphisme des billets? À combien sera le coût d’adhésion? Quelle somme de monnaie mettrons-nous en circulation? Y’aura-t-il un taux de reconversion? Échanger des dollars contre du BLÉ permettra-t-il un pouvoir d’achat supplémentaire?

C’est une multitude de questions que nous avons à nous poser tous ensemble afin de faire avancer le projet et qu’il soit en accord avec tous.

L’adhésion à l’organisme Monnaie locale complémentaire Québec est aussi maintenant nécessaire pour aller chercher de plus en plus de partenaires. Les plus convaincus veulent déjà devenir membre, mais pour les commerçants connaissant moins le principe, il faut pouvoir faire confiance, alors si on y voit son voisin dedans…

L’adhésion à MLC-Québec permet aussi de nous aider à faire grandir le projet, que ce soit financièrement dans le futur, mais tous simplement aussi par le fait de communiquer l’information ou en utilisant un lieu physique pour promouvoir l’idée.

Nos deux premiers membres prestataires nous permettent par exemple de tenir nos réunions.

C’est le commerce Le Cercle qui fut le premier membre commerçant de MLC-Québec. Ce lieu reconnu à Québec met à disposition une de ses salles quelques fois par mois afin que nous puissions faire nos réunions. C’est une chance et une force pour nous d’avoir un partenaire qui s’implique tant dans son milieu.

C’est l’organisme PECH/Sherpa, sur le boulevard Charest qui a été notre premier membre prestataire. C’est dans leur immeuble que nous tenons nos réunions du cercle central 2 fois par mois. MLC-Québec cherchant un moyen à ce que le BLÉ ne soit pas un moyen de gentrifier un quartier, PECH pourrait nous offrir des pistes de solutions bien intéressantes!

Nous ne pourrions parler des prestataires sans faire mention de L’Accorderie de Québec qui nous a servi depuis le début du projet, depuis maintenant 1 an et demi, a tenir nos différentes soirées et réunions quand nous étions encore qu’un projet citoyen. De plus, elle est notre cousine, puis l’Accorderie est une banque de temps, une monnaie locale de liens, tandis que nous sommes une monnaie locale de biens.

D’autres organismes nous ont aussi montré leur soutien, c’est maintenant le temps de pouvoir le faire de manière officielle en devenant membre. Nous allons dans les prochaines semaines commencer à approcher les commerces et organismes, mais si vous êtes déjà convaincus et que vous souhaitez nous soutenir en devenant membre, c’est le temps :)

Écrivez-nous à   ” info @ mlcquebec.org”  (enlever les espaces) ou alors laissez un commentaire sous l’article.

Conseils pour démarrer un projet de monnaie locale

Bien que nous n’ayons pas encore mis en place le BLÉ à Québec, nous travaillons pour certains maintenant depuis 1 an et demi sur le projet. Il y a de plus en plus de projets qui débutent au Québec, il est intéressant de se partager déjà quelques trucs sur lesquels nous avons travaillé. Il est aussi bon de noter qu’il existe déjà un guide de mise en oeuvre d’une monnaie locale, sur lequel nous nous basons en partie pour notre plan d’action

Différentes initiatives de monnaies locales au Québec nous ont déjà appelé MLC-Québec pour poser des questions. C’est une bonne chose, car le mouvement que nous créons doit servir à tous nous entraider. L’idéal sera d’avoir un réseau des monnaies locales au Québec afin de se partager les ressources matérielles et expériences, mais aussi parce que la réflexion est toujours plus intéressante à plusieurs.monnaie locale complémentaire des billets du monde

1 : Informer

La première chose quand on lance un appel à d’autres pour une monnaie locale, c’est de pouvoir fonder un noyau « fondateur », mais un groupe qui restera quelques mois afin d’être une structure pour les nouveaux membres, mais aussi afin de commencer le travail d’information. Car communiquer, diffuser l’information sur ce qu’est une monnaie locale complémentaire (MLC) et expliquer aux gens ce que cela peut être est le premier point qui devra se faire, même une fois la monnaie mise en place. Beaucoup de méconnaissance autour des MLC  font que ce sujet est parfois mal interprété, suscite la méfiance ou tout simplement n’intéresse pas des personnes qui une fois mises au courant pourrait être intéresser. La sortie du film Demain a permis de toucher un large public qui a fait connaître les MLC.

Une page Facebook et un site internet sont essentiels si vous voulez communiquer votre projet. La page Facebook, car elle est pour beaucoup ce qui va s’afficher sur le mur et tenir au courant, aussi, car ce réseau social est de plus en plus internet pour les gens. Elle servira également à partager l’information des autres à votre communauté. Le site internet quant à lui est votre vitrine officielle, les médias ou toute recherche sur un moteur doivent mener à lui et c’est là où vous renseigner sur ce qu’est une monnaie locale et la vision de votre groupe autour de celle-ci. Il ne faut pas oublier également que tout le monde n’a pas de Facebook il ne faut pas les oublier.

2 : Avoir des rencontres régulières

Qu’il est simple d’oublier et difficile de s’organiser des temps communs ! Le plus simple est de décider des dates fixes, nous nous voyons par exemple le 2 et 4e mardi du mois pour notre part. Est présent qui peut, mais tous nos membres savent que le cercle central se réunit à ces moments-là, que tous les membres sont les bienvenus. Est présent qui peut, mais s’il faut à chaque rencontre refaire un sondage sur les disponibilités, c’est bien compliquer tout le monde ne peut pas en même temps et ceux qui sont absents n’ont pas la parole.

Rob Hopkins, initiateur du mouvement des villes en transition explique aussi également qu’il faut avoir une régularité dans les réunions pour créer une habitude et que même si on est parfois peu c’est important de persister. Il faut laisser les choses aller et si on est que 4 à une réunion, on ne sera que 4, même si des décisions ne se prendront pas, car on peut considérer qu’il faille être plus, si on a pu parler du projet pendant 2h à 4 c’est toujours un plus !

3 : Faire des soirées publiques

Tout le monde n’a pas la réunionite aiguë et ne connait pas forcément les monnaies locales. C’est important de diversifier les rencontres publiques (hors fonctionnement interne du groupe) afin de permettre à des personnes ne connaissant pas la monnaie locale ou n’étant pas si intéressé à venir. Des conférences, des soirées qui soient annexes au sujet des monnaies locales peuvent attirer du monde à s’y intéresser. Il ne faut pas mettre de côté non plus le côté ludique, il ne faut pas toujours être trop sérieux.monnaie locale quebec

Pour l’écriture de la charte de l’utilisation de la monnaie, nous avons fait des soirées de cocréation; c’est-à-dire que c’était des soirées sous forme de réunions interactives ouvertes à tous, mais que nous avions préparé en interne. Ainsi, l’objectif de la réunion et son déroulement permettait aux gens présents d’en apprendre, mais de participer aussi aux décisions.

4 : Mettre l’accent sur l’inclusion

Un projet de monnaie locale peut se faire à 4 dans une cuisine, mais son but est tout de même d’être un projet citoyen qui inclut le plus de personnes possible. C’est une bonne chose d’organiser des soirées d’information publique pour renseigner sur ce que sont les monnaies locales et votre projet. À MLC-Québec nous avons décidé d’en mettre en place, car nous nous sommes rendu compte qu’à vouloir toujours inclure de nouvelles personnes dans nos réunions, c’était les mêmes questions qui revenaient. Alors nous tenons une séance d’information une fois par mois pour le moment qui permet de renseigner sur le sujet et le projet. Après avoir assister à une séance, la personne peut devenir membre de l’organisme et a les mêmes informations sur le projet qu’un membre plus ancien.

Il faut aussi trouver une bonne procédure d’accueil pour transmettre l’information à un nouveau membre. Avoir un cercle de parrainage peut être une piste de solution.

5 : Avoir de bons outils de communication interne

Tout le monde ne peut pas venir aux réunions et si le travail se faisait uniquement à ces moments là, les réunions seraient longues ou ça en prendrait beaucoup plus. Il est important de trouver un moyen de communiquer hors ces réunions. À MLC-Québec nous avons commencé le projet par courriel, pour s’apercevoir que beaucoup d’entre nous croulaient déjà sous les courriels et qu’il était dur de suivre. Nous sommes alors passés à un groupe Facebook, mais certains ne l’avaient pas ce qui n’est pas très inclusif. Puis nous sommes passé à Framateam, une plateforme libre et gratuite qui permet les discussions en groupe à l’intérieur d’une équipe et de définir différents canaux de discussions.

À Monnaie locale complémentaire Québec, nous mettons beaucoup d’importance sur les logiciels libre qui représente le plus nos valeurs, nous avons alors mis en place différents outils pour communiquer entre membres. Une structure est en train de se mettre en place. Cela nécessite quelques connaissances informatiques pour certains points, mais cela renforce la cohésion du groupe.

Pour le site internet nous avons un WordPress, facile d’utilisation et de mise en place.

Nous communiquons actuellement sur Framateam.org, mais entrevoyons prochainement d’installer le logiciel utilisé sur notre serveur.

L’organisme est géré avec le logiciel Dolibarr, open source et beaucoup utilisé par les MLC en France.

Pour la gestion de fichiers, nous utilisons encore maintenant Google Drive, mais nous il y a plusieurs désavantages, entre autres de fonctionner avec Google, nous sommes en train de fonctionner avec un wiki, Tikiwiki qui sera accessible à tout le monde et avec lequel nous pouvons gérer les options d’affichage et de modification selon la catégorie de membre, que vous soyez un simple visiteur du site, un membre de l’organisme ou d’un comité de travail.

Il est important que tous les membres, qu’ils soient à l’aise informatiquement ou pas puissent participer, nous essayons de faire à ce que l’utilisation de chaque outils soit facile et compréhensible. Il faut aussi se rendre compte qu’en faisant de nouveaux outils nous devons créer une nouvelle habitude et ce n’est pas le plus facile.

Monnaie locale complémentaire Québec en est encore à ses tout débuts, mais peu peu nous stabilisons notre assise et le maître mot après 1 an et demi est toujours le même : Informer et inclure. Les projets de monnaies locales nécessitent une plus grande compréhension de la part du public et se doivent de faciliter l’inclusion de toutes nouvelles personnes souhaitant participer à ce projet. C’est pourquoi la communication et la structure (d’accueil, de fonctionnement et informatique) doit être penser pour sur du long terme, mais prendre le plus de cas de figure possible.

Laurent Metais, membre MLC-Québec

Monnaie locale et démocratie, notre leitmotiv: inclusion

Parler monnaie locale, implique une idée plus large que simplement la question économique. Il serait faux de se dire qu’une fois que le BLÉ sera en circulation à Québec, nous pourrons nous dire que l’objectif est atteint. L’argent local à Québec, comme dans la plupart des projets de monnaies locales dans le monde, est un projet se servant de l’argent comme d’un outil pour aller plus loin dans le fonctionnement collectif.

Une initiative comme celle-ci est également une expérience de réappropriation du fonctionnement de groupe, de la prise de décision collective. Il est rare maintenant que les décisions publiques émanent d’un accord citoyen, le tout est décidé dans des bureaux ou par des personnes isolés, la concertation s’est perdue. C’est pour cette raison que Monnaie locale complémentaire Québec, organisme ayant pour but de mettre en place une monnaie locale à Québec, est dans une démarche d’inclusion de toute personne qui voudrait participer à ce projet.

Un mode de fonctionnement basé sur la confiance, le volontariat et le partage.

Nos règlements généraux et notre fonctionnement interne font que chacun peut s’investir là où il le souhaite, selon son champ d’intérêt. La compétence ne doit pas primer, elle est importante pour l’accomplissement d’un objectif, mais il faut aussi valoriser l’expérience d’apprentissage et de prise de décision afin que cela puisse nous servir dans nos autres actions quotidiennes.

On peut cependant se rendre compte que plus de démocratie peut aussi impliquer plus de lenteur dans la prise de décision, tout du moins dans la mise en place de celles-ci. Dans les différentes séances d’information que nous avons faites, nous sommes souvent confrontés face à un désir, tout à fait normal, d’avancer rapidement pour que le monde change demain. Ça serait possible, on peut construire un projet comme la monnaie locale à 4 dans un coin et le proposer tout fait au reste de la population, mais serions-nous légitimes à ce moment-là? Ce serait facile de faire des réunions longues et fastidieuses dans un coin en utilisant dans des mots compliqués, mais y gagnerions-nous quelque chose?

Depuis le début du projet, nous visons à mettre en place une monnaie locale, mais aussi à intégrer le plus de citoyens dans la démarche. Maintenant que nous sommes un organisme, nous invitons également les commerçants à venir participer avec nous.

C’est notre objectif et c’est pourtant ce qui déroute le plus.

Prendre des décisions de manière collective n’est pas toujours dans nos habitudes. La plupart des réunions que nous avons au travail, en famille ou entre amis, ce n’est jamais d’avoir l’avis forcément de tous, il y a ceux qui parlent, qui dirigent, mais ceux qui se taisent ne sont pas souvent invités à s’exprimer.

Au cours des différentes soirées, nous nous sommes aussi rendu compte qu’il va falloir que nous adoptions notre langage pour les différents milieux où nous irons. Nous n’avons pas tous le même bagage culturel que ce soit pour le fonctionner ensemble, mais aussi pour la compréhension de la chose économique.

Le mode de fonctionnement collectif demandant à chacun de s’exprimer, où chacun peut proposer et où tout doit être discuté. Qu’il n’y ai pas un groupe qui a une mainmise sur tout, mais que chaque groupe d’activité soit maitre de ses décisions qui influent son secteur.

Faire confiance à l’intelligence collective

Lors dans la soirée sur le nom de la monnaie, il a été intéressant de voir que sur la quarantaine de personnes présentes et les 4 tables de discussions créées les points majeurs ressortaient sur chaque table, mais qu’aussi chacune avait nommé des spécificités que nous n’avions pas encore pensé. Juste un point intéressant était qu’il avait été nommé que les billets devaient être reconnaissable par les aveugles, ce devait être facile pour eux de faire la différence entre les diverses coupures.

Le projet de monnaie locale complémentaire à Québec est une initiative veut croire en la capacité à un groupe de penser au bien commun, de s’inscrire dans une volonté de progressions sociétale.

Laurent Metais

Pourquoi utiliser le BLÉ plutôt qu’une carte de crédit?

Actuellement en choisissant d’accepter une carte de crédit ou une carte débit, le commerçant doit payer un montant forfaitaire ou un pourcentage, selon, sur chaque transaction effectuée. C’est autant un manque à gagner pour lui qu’un montant d’argent direct qui sort de la communauté.

Il ne faut jamais perdre de vue que l’argent, n’est avant tout qu’une manière d’échanger des biens et services, c’est un outil permettant d’évaluer la valeur des choses, tout du moins la valeur qu’on leur donne. Dans  notre système la valeur économique que nous donnons aux choses est aussi un indicateur sur l’importance qu’elles peuvent avoir. Ne pas les choisir, c’est aussi une preuve de nos valeurs.

Le BLÉ (Billet Local d’Échange) sera une monnaie utilisée par un réseau de citoyens et de commerçants ayant des valeurs communes que nous souhaitons défendre. Que ce soit d’un point de vue environnemental, social, économique ou démocratique; l’utilisation de cette monnaie sera là pour remettre le tout à une échelle plus humaine, pour qu’écologie et savoir-faire puissent retrouver une raison.

C’est pourquoi utiliser le BLÉ dans les commerces plutôt que la traditionnelle carte de crédit ou même de débit nous semble être un futur acte citoyen.

Ce n’est pas si rare actuellement, dans nos quartiers, de croiser de gens qui n’utilisent pas les cartes pour ces raisons, car ils préfèrent encourager le commerce local en ne leur imposant pas de taxes à la commercialisation. Le BLÉ pourra agir de la même manière tout en étant une plus-value pour la communauté, car l’argent généré et restant dans le réseau pourra être réutilisé directement dans des initiatives locales et communautaires. Certains dans le groupe allant même jusqu’à proposer que l’argent puisse être utilisé comme un revenu de base pour des familles défavorisées.

Utiliser l’argent comptant directement est aussi une manière que l’on se donne de se rendre compte ce que l’on dépense. Il est facile de manière électronique de ne pas voir les différentes sommes passer et additionner. L’utilisation d’un billet papier a aussi été un ralliement des personnes venues aux rencontres, car c’est aussi une manière d’interpeller des citoyens ou commerçants ne connaissant pas le BLÉ de le voir papier et de demander ce que c’est.

Choisir de ne pas utiliser les cartes de crédit bancaire qui impose des montants supplémentaires aux commerçants pour que l’argent reste dans le réseau local est aussi une manière de choisir de ne pas financer  l’évasion fiscale ou d’autres choix non éthique qui nuiraient à l’environnement ou à la justice.

Le crédit, même s’il pourra être défendu pour acquérir des choses sur du long terme, est maintenant trop utilisé pour les biens de consommations quotidiens. Un levier de pression que ne voyons pas tel que cela, qu’il faut réutiliser pour encourager le local.

Laurent Metais

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